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INFO BFMTV. Aubervilliers: soupçonné d’avoir blanchi 21 millions d’euros, un réseau d’escrocs dans le BTP démantelé

Brassard de police (Photo d'illustration)

Brassard de police (Photo d'illustration) - THOMAS COEX / AFP

Neuf suspects ont été mis en examen au début du mois de mars par une juge d'instruction du tribunal de Bobigny. Trois d’entre eux ont été placés en détention provisoire.

C’est une enquête de longue haleine qui a permis de mettre au jour les pratiques peu scrupuleuses d’un chef d’entreprise, dont la vitrine légale était une société de travaux, implantée à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).

Selon les informations de BFMTV, douze personnes, soupçonnées d’appartenir à un vaste réseau de travail dissimulé et de blanchiment d’argent, ont été interpellées, au début du mois de mars, par les enquêteurs de la brigade de recherches et d’investigations financières (BRIF) de la police judiciaire parisienne.  

Neuf suspects ont été mis en examen par la juge d’instruction Claire Thépaut, en poste au tribunal judiciaire de Bobigny. Trois d’entre eux ont ensuite été placés en détention provisoire, tandis que les six autres ont été placés sous contrôle judiciaire.

Deux ans d'enquête

Les policiers de la BRIF, spécialisés dans la lutte contre la délinquance financière, ont établi que ce réseau, dont la plupart des membres présumés appartiennent à la communauté égyptienne, est parvenu à blanchir près de 21 millions d’euros en l’espace de trois ans.

De multiples opérations financières occultes, via des sociétés de BTP complices, des achats de nombreux véhicules, ainsi que des transactions portant sur la vente ou le prêt d’espèces à des taux usuraires ont été mis au jour au fil d’une enquête de près de deux ans.

Deux frères, âgés de 35 et 44 ans, épaulés par leur père, gérant d’un bureau de change au Caire en Egypte, sont suspectés d’être à la tête de cette structure qui a permis le transfert, en dehors de tout cadre légal, de plusieurs millions d’euros vers le Moyen-Orient. Des échanges d'espèces opérés selon l'hawala, un système traditionnel de paiement.

Des aveux en garde à vue

Au cours des perquisitions des domiciles des différents protagonistes de ce dossier, les enquêteurs de la BRIF ont saisi un pistolet semi-automatique Tokarev, calibre 7,62mm chargé, une arme à feu de calibre 6,35mm et une Porsche Cayenne.

Les mêmes policiers ont aussi établi que les deux principaux commanditaires présumés avaient procédé à l’achat de centaines de véhicules aux quatre coins de l’Europe pour un montant estimé à près de 7 millions d’euros.

Toujours selon les informations de BFMTV, plusieurs des suspects sont passés aux aveux au cours de leur garde à vue, en reconnaissant notamment avoir joué le rôle de "gérant de paille" dans plusieurs sociétés pour le compte des deux frères à la tête de ce réseau, également épaulés par deux autres de leurs frères, âgés de 36 et 41 ans.

Stéphane Sellami avec Alixan Lavorel