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Document audio contre la Brav-M: les policiers mis en cause formellement identifiés

Des policiers de la BRAV-M interviennent lors d'une manifestation contre la réforme des retraites, le 23 mars 2023 à Paris

Des policiers de la BRAV-M interviennent lors d'une manifestation contre la réforme des retraites, le 23 mars 2023 à Paris - Thomas SAMSON © 2019 AFP

Dans un document audio, obtenu par plusieurs médias, des policiers, présentés comme des membres de la Brav-M, tiennent des propos insultants et humiliants envers sept jeunes manifestants qu'ils venaient d'interpeller. Les policiers, membres de la 21e compagnie d'intervention, n'ont pas été suspendus.

Les policiers qui ont menacé et intimidé des jeunes manifestants la semaine dernière à Paris lors d'une manifestation sauvage contre la réforme des retraites ont été formellement identifiés, a appris ce lundi l'Agence France-Presse (AFP) de sources proches du dossier.

"Il s'agit de membres de la 21e compagnie d'intervention en formation Brav-M", les unités de policiers à moto chargés du maintien de l'ordre au coeur de polémiques sur la répression violente des manifestations, selon une des sources. "Ils n'ont pas été suspendus jusque-là", a dit une autre source proche du dossier.

Seront-ils engagés mardi pour la 10e journée nationale de mobilisation contre la réforme des retraites? "Ils n'étaient pas prévus dans une Brav-M", a commenté l'une des sources.

"Évidemment, il y aura des sanctions", avait déclaré samedi le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Une enquête judiciaire ouverte

Vendredi, le préfet de police de Paris a annoncé avoir saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) après la diffusion d'un enregistrement audio, obtenu par le journal Le Monde et le média en ligne Loopsider, dans lequel on entend des policiers, présentés comme des membres de la Brav-M (Brigade de répression des actions violentes motorisée), tenir des propos insultants et humiliants envers sept jeunes manifestants qu'ils venaient d'interpeller.

"La prochaine fois qu'on vient, tu monteras pas dans le car pour aller au commissariat, tu vas monter dans un autre truc qu'on appelle ambulance pour aller à l'hôpital", menace notamment l'un des fonctionnaires. Deux bruits, qui peuvent être ceux de gifles, sont également audibles.

Le parquet a, de son côté, ouvert samedi une enquête judiciaire après un signalement reçu dans l'après-midi.

Un jeune homme de 23 ans et une jeune femme de 22 ans, membres du groupe d'interpellés, ont déposé lundi des plaintes, consultées par l'AFP.

La plainte du premier, un étudiant tchadien prénommé Souleyman, vise notamment des faits d'"agression sexuelle commise par personne dépositaire de l'autorité publique en réunion". Il rapporte qu'un policier l'a "attrapé par le sexe" et l'a insulté en lui indiquant "t'as même pas de couilles".

Réclamé par plusieurs députés de la France insoumise (LFI), le démantèlement de la BRAV-M n'est "pas à l'ordre du jour", a dit samedi le préfet de police.

F.R. avec AFP