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Emploi

Les salariés "plutôt réticents" à l'expression religieuse au travail

Près de deux salariés interrogés sur trois (64%) déclarent que la possibilité de "faits religieux" sur le lieu de travail est "un problème important pour eux"

Près de deux salariés interrogés sur trois (64%) déclarent que la possibilité de "faits religieux" sur le lieu de travail est "un problème important pour eux" - Willis- 23P- Flickr- CC

64% des salariés estiment que l'expression de convictions religieuses sur le lieu de travail est "un problème important pour eux", selon une enquête Harris interactive.

Les salariés sont "plutôt réticents" envers les "formes d'expression religieuse au travail", selon une étude* Harris interactive pour l'Institut supérieur du travail (IST), le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) et Le Point publiée ce jeudi. Près de deux salariés interrogés sur trois (64%) déclarent que la possibilité de "faits religieux" (expression de convictions religieuses en paroles, pratiques, comportements, etc.) sur le lieu de travail est "un problème important pour eux", d'après cette enquête réalisée auprès de salariés des secteurs privé et public.

Sept salariés sur dix (72%) se disent "opposés" à "des aménagements de travail formels" en fonction de "la pratique religieuse". Ils refusent par exemple des "aménagements d'espace comme des salles de prière" (71% s'y opposent) et le "port du voile" (68% contre) dans leur entreprise ou établissement. Une large majorité des salariés refusent aussi des aménagements "informels" (70%), décidés par exemple avec "le responsable hiérarchique de la personne concernée".

Mais "dans l'ensemble, les salariés de moins de 35 ans et ceux du secteur privé se montrent un peu plus favorables que la moyenne à ces différents types d'aménagements", selon l'étude. Le jeûne pendant les heures de travail est accepté par les trois quarts des salariés (74%). Et sept salariés sur dix (69%) jugent "acceptable" de poser "un jour de repos pour raisons religieuses".

Une expression religieuse stable depuis cinq ans

À l'inverse, les salariés ne trouvent "pas acceptable" de "refuser de s'asseoir là où une personne de l'autre sexe s'est précédemment assise" (83%), de ne pas serrer la main d'une personne de l'autre sexe (75%), de refuser de manger avec ses collègues (58%) ou qu'un salarié souhaite l'aménagement de ses horaires de travail "pour prier" (70%). Plus d'un tiers des salariés interrogés (35%) disent avoir "déjà été confrontés à des faits religieux sur leur lieu de travail".

Globalement, les salariés estiment que l'expression religieuse est restée stable ces cinq dernières années dans leur entreprise ou établissement: sept salariés sur dix (72%) n'y ont constaté "ni plus, ni moins" de faits religieux sur cette période.

*Cette enquête a été réalisée en ligne du 27 septembre au 1er octobre auprès d'un échantillon de 1107 salariés travaillant dans le secteur public ou dans des entreprises privées de 100 salariés et plus. Cet échantillon est lui-même issu d'un échantillon de 2466 personnes représentatif de la population française âgée de 18 à 65 ans.

P.L. avec AFP