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Société

Les syndicats veulent frapper un grand coup jeudi

Défilé à Marseille lors de la journée de manifestation et de grèves contre la réforme des retraites, qui avait rassemblé, selon les sources, dans les rues de France entre 1,1 et 2,7 millions de personnes le 7 septembre. Les syndicats, qui disent sentir la

Défilé à Marseille lors de la journée de manifestation et de grèves contre la réforme des retraites, qui avait rassemblé, selon les sources, dans les rues de France entre 1,1 et 2,7 millions de personnes le 7 septembre. Les syndicats, qui disent sentir la - -

PARIS (Reuters) - Les syndicats, qui disent sentir la colère monter en France, tablent sur une forte participation à la journée de mobilisation de...

PARIS (Reuters) - Les syndicats, qui disent sentir la colère monter en France, tablent sur une forte participation à la journée de mobilisation de jeudi contre la réforme des retraites pour faire reculer le gouvernement.

Le 7 septembre, alors que les députés entamaient l'examen d'un projet de loi "injuste et inefficace", selon les dirigeants syndicaux et l'opposition, entre 1,1 et 2,7 millions de personnes, selon les sources, avaient défilé dans toute la France pour exiger une "autre réforme".

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, vise "au moins autant" de monde dans les rues jeudi que début septembre mais se garde toutefois de prononcer un chiffre.

"C'est en train de chauffer dans le pays", a-t-il assuré.

Même analyse à Force ouvrière, où l'on prédit une forte participation du privé aux côtés de la fonction publique.

"La réforme des retraites est devenue un détonateur de tous les problèmes rencontrés, de toutes les inquiétudes" sur le front de l'emploi ou du pouvoir d'achat, explique Bernard Devy, chargé du dossier au sein du syndicat.

Depuis la mobilisation du 7 septembre, l'Assemblée a voté dans un climat houleux le texte défendu par le ministre du Travail, Eric Woerth, éclaboussé par des soupçons pour ses liens avec l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt.

Mais plusieurs sondages montrent qu'une majorité de Français souhaitait revenir sur les principales mesures du texte, le report de l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans d'ici 2018 et le passage de 65 à 67 ans de l'âge auquel on peut prendre une retraite à taux plein.

AMENDEMENTS POSSIBLES

Tout en assurant que des amendements sont possibles à la marge, sur la pénibilité ou l'égalité hommes-femmes, le gouvernement s'est montré inflexible sur ces "mesures d'âge" avant le début de l'examen du texte au Sénat le 5 octobre.

Ces mesures représentent des recettes supplémentaires de 20 milliards d'euros par an à l'horizon 2018, ce qui n'est même pas suffisant pour éponger la moitié du déficit prévisible du régime d'assurance retraite à cette date.

Mais le passage au Sénat pourrait se révéler délicat puisque l'UMP n'y a pas la majorité absolue.

Des voix se sont élevées au sein de la chambre haute, dont celle de son président, Gérard Larcher, pour réclamer notamment que soit préservé le droit à partir à la retraite à 65 ans sans décote pour les femmes ayant élevé au moins trois enfants.

Eric Woerth lui-même n'a pas exclu mardi de modifier le projet à la marge sur ce point, sans toutefois mettre en danger son équilibre financier, qui repose sur les mesures d'âge.

Les syndicats savent que la fenêtre de tir est réduite dans le calendrier imposé par Nicolas Sarkozy, qui a fait de la réforme des retraites l'une des priorités de son quinquennat.

Ils battent le rappel depuis la mobilisation du 7 septembre, assurant que rien n'est joué. Beaucoup rappellent le précédent du contrat première embauche, voté par le Parlement avant d'être retiré sous la pression de la rue en 2006.

Sur fond de crise économique, où une journée de grève coûte cher à des Français fragilisés, les syndicats ne "mettent pas du tout la pédale douce: on sait qu'on doit frapper un grand coup jeudi", souligne Bernard Devy.

PAS DE GRÈVE RECONDUCTIBLE

Une réunion de l'intersyndicale est programmée pour vendredi pour décider des suites à donner au mouvement.

Bernard Thibault, qui appelle de ses voeux des "assemblées de personnel" dans les entreprises jeudi, ne veut pas entendre parler de "grève générale".

"Nous ne faisons pas dans le slogan", a-t-il dit lundi, visant à mots couverts FO, qui avait organisé une journée de "grève générale" de son propre chef en juin dernier.

Même si les piques sont légion, les huit organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, Unsa) tentent de préserver leur unité, pour contrer ce qu'elles appellent un "moment noir de l'histoire sociale" de France.

"Il y a des tentatives de lancer un mouvement reconductible mais elles sont aujourd'hui très minoritaires (...) Les organisations qui comptent, CGT, CFDT ou Unsa, ne sont pas sur cette ligne", constate une source gouvernementale.

Pour autant, ajoute-t-on, "il n'y aura pas d'éclatement du front syndical, car personne n'y a intérêt".

Laure Bretton, avec Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse