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Bac 2021: les épreuves de spécialité prévues en mars annulées au profit du contrôle continu

Le ministère de l'Éducation nationale a envoyé ce jeudi soir un message aux établissements pour annoncer cette nouvelle. Seules deux épreuves, celle de philosophie, et le grand oral, sont maintenues pour les terminales.

Il n'y aura plus, ces prochaines semaines, d'interrogations sur la forme que prendra le bac en 2021. À travers un document envoyé ce jeudi soir à l'ensemble des lycées, l'Éducation nationale a annoncé aux établissements que le bac se tiendrait pour l'essentiel en contrôle continu, compte tenu de la diffusion du Covid-19 et des projections pour les prochains mois.

Exit, donc, les épreuves de spécialité qui comptent pour 30% de la note globale et sont prévues du 15 au 17 mars, une date qui représentait l'une des nouveautés de ce baccalauréat nouvelle formule. Elles seront remplacées par du contrôle continu.

La philo et le grand oral maintenus

Seules deux épreuves sont maintenues par le ministère, et celles-ci devraient se dérouler au mois de juin: celle de philosophie (qui se tiendra le 17 juin) et le grand oral (qui se tiendra du 21 juin au 2 juillet), une autre originalité de cette nouvelle version du canonique diplôme consacrant le secondaire français. La plateforme Parcoursup "prendra en compte les moyennes qui sont portées dans les bulletins des deux premiers trimestres, ainsi que les appréciations des professeurs".

Les épreuves de philosophie et de français seront, elles aussi, aménagées pour que soient prises en compte les conditions particulières d’apprentissage des élèves depuis mars 2020. Selon nos informations, l'épreuve de philosophie ne proposera pas deux sujets de dissertation, mais trois.

Depuis plusieurs semaines, professeurs, élèves, parents d'élèves et syndicats réclamaient l'annulation ou le report de ces épreuves prévues en mars, alors que 70% des lycées ont mis en place un enseignement hybride depuis neuf semaines. Des outils seront mis à disposition des professeurs au mois de février pour les aider à noter de la manière la plus objective possible. 

Une annulation réclamée depuis plusieurs semaines

Pour Philippe Vincent, le secrétaire général du SNPDEN, premier syndicat des chefs d'établissement, l'annulation des épreuves de spécialité est "une décision raisonnable et pragmatique dans le contexte actuel".

Sophie Vénétitay, du Snes-FSU, le premier syndicat du secondaire, s'est montrée, elle, plus mitigée. "On acte le fait que le ministre a entendu que les épreuves ne pouvaient décemment pas se tenir en mars, cela va permettre de faire baisser la pression mais cela soulève le problème du contrôle continu qui peut être facteur d'inégalité", a-t-elle regretté.

Dans un communiqué, le SE-Unsa a pour sa part salué "le choix du recours au contrôle continu, le seul qui permet une adaptation des sujets aux progressions réelles et le seul qui garantit que les élèves seront bien évalués".

Le Snalc (secondaire) a lui écrit dans un autre communiqué que cette décision ne "correspond pas aux attentes de la majorité de (ses) adhérents, qui demandaient un report en juin".

"Reconquérir le mois de juin"

Ce vendredi matin sur RTL, Jean-Michel Blanquer a laissé entendre que les établissements jouiraient d'une certaine souplesse pour compenser l'annulation de ces épreuves des 15, 16 et 17 mars.

"Un établissement pourra organiser ce jour-là, s'il en a envie, des épreuves qui compteront pour le contrôle continu. Donc ceux qui se préparent peuvent continuer à le faire avec cette échéance-là", a-t-il déclaré.

Le ministre de l'Éducation nationale a toutefois rappelé que "ce qui comptera pour la note, c'est la moyenne de l'année, de façon à ne pas créer une contrainte uniforme sur l'ensemble du pays, puisque nous savons qu'aujourd'hui les lycéens ne sont pas tout à fait dans la même situation selon l'hybridation (...) ou pas de leur lycée".

S'il dit ne pas prendre ces décisions "de gaieté de cœur", Jean-Michel Blanquer affirme qu'elles lui paraissent "plus justes".

"Je maintiens bien sûr les épreuves finales de philosophie et le grand oral du mois de juin. (...) L'objectif c'est de travailler jusqu'au bout et (...) de reconquérir le mois de juin", a-t-il insisté.
Véronique Fèvre, avec R.V.