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Syrie: la guerre a fait plus de 191.000 morts

Un quartier de la banlieue de Damas, photographié le 15 août 2014.

Un quartier de la banlieue de Damas, photographié le 15 août 2014. - Louai Beshara - AFP

Selon un bilan chiffré établi par l'ONU, 191.369 personnes sont mortes en Syrie depuis le début du conflit, en mars 2011.

Trois ans de conflit et près de 200.000 morts. Plus de 191.000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit en Syrie, en mars 2011, soit plus du double d'il y a un an, a déploré ce vendredi l'ONU, fustigeant la "paralysie internationale" qui encourage les "assassins".

"Les assassins, les destructeurs et les tortionnaires en Syrie et en Irak ont été encouragés et enhardis par la paralysie internationale", a ainsi dénoncé la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay. Elle a jugé "scandaleux qu'en dépit de leurs énormes souffrances, la situation difficile des blessés, déplacés, détenus et familles de personnes tuées ou disparues n'attire plus guère l'attention".

Un chiffre sans doute sous-estimé

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a compilé 191.369 cas documentés de personnes tuées en Syrie entre mars 2011 et fin avril 2014, "soit plus du double" du nombre établi il y a un an (93.000). En décembre 2011, le Haut-Commissariat avait comptabilisé plus de 5.000 morts, et en janvier 2013, il annonçait la mort de plus de 60.000 personnes.

D'après l'ONU, le chiffre des plus de 191.000 morts désormais comptabilisés est sans doute une sous-estimation du nombre réel. Le plus grand nombre de meurtres documentés par l'ONU ont été enregistrés dans le gouvernorat de la périphérie rurale de Damas (39.393), suivi d'Alep (31.932), Homs (28.186), Idlib (20.040), Daraa (18.539) et Hama (14.690). Plus de 85% des décès documentés sont des hommes. Comme dans les rapports précédents, l'ONU n'a pas pu établir une distinction entre combattants et non combattants.

Au moins 8.800 enfants tués

Les morts de 8.803 mineurs, dont 2.165 enfants de moins de dix ans, ont été rapportés à ce stade mais leur nombre réel est probablement plus élevé, étant donné que l'âge des victimes n'est pas documenté dans l'immense majorité des cas. Cette troisième étude du Haut-Commissariat a été réalisée en utilisant une liste combinée de 318.910 décès documentés et identifiés de façon complète, avec les noms des victimes ainsi que les dates et les lieux de la mort.

Tous les meurtres signalés mais ne comprenant pas au moins ces trois éléments ont été exclus de la liste, établie sur la base des données issues de cinq sources différentes: le gouvernement syrien (jusque fin mars 2012), l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (jusque fin avril 2013), le Centre Syrien pour les Statistiques et la Recherche, le Réseau syrien des droits de l'Homme et le Centre de documentation des violations.

A.S. avec AFP