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Opérations antiterroristes en Europe après un attentat déjoué en Belgique

Les policiers patrouillent dans le quartier juif d'Anvers, le 16 Janvier 2015, au lendemain d'une opération antiterroriste.

Les policiers patrouillent dans le quartier juif d'Anvers, le 16 Janvier 2015, au lendemain d'une opération antiterroriste. - Marco De Swart -ANP - AFP

Ces actions concomitantes contre les terroristes menées en France, Belgique ou en Allemagne ne sont pas officiellement coordonnées, mais elles concrétisent un début de la "réponse collective" de l'Europe souhaitée par François Hollande, contre les filières jihadistes. Des échanges d'informations ont eu lieu, notamment entre les polices belge et française.

La mobilisation générale est déclarée par l'Union européenne et ses alliés, contre le terrorisme. Démantèlement d'une cellule sur le point de tuer des policiers en Belgique, interpellations près de Paris, coup de filet dans la mouvance islamiste à Berlin: l'Europe s'est retrouvée vendredi sur le pied de guerre face aux jihadistes, après les attentats dans la capitale française.

Hollande appelle à une "réponse collective"

A Paris, où il a reçu le secrétaire d'Etat américain John Kerry, François Hollande a appelé à une réponse "collective" et "ferme" face au terrorisme auquel "nous (...) faisons la guerre". Samedi, le président français doit à nouveau s'exprimer dans son fief de Tulle (centre).

Une semaine après les attaques jihadistes qui ont fait 17 morts dans la capitale française, l'enquête progresse: 12 personnes, soupçonnées d'un "possible soutien logistique" aux tueurs, ont été placées en garde à vue dans la région parisienne.

De son côté, le président américain Barack Obama a assuré vendredi que les Etats-Unis et le Royaume-Uni continueraient "à faire tout ce qui est en (leur) pouvoir pour aider la France pour que justice lui soit rendue", au cours d'une conférence de presse commune avec David Cameron.

Cinq personnes inculpées en Belgique

En Belgique, une vaste opération a été menée pour "démanteler une cellule terroriste et son réseau logistique" sur le point de "tuer des policiers sur la voie publique et dans les commissariats", selon le parquet fédéral. Elle s'est illustrée par un assaut de la police jeudi soir à Verviers (est) pendant lequel deux suspects sont morts après avoir riposté avec des armes de guerre.

Treize personnes ont été arrêtées, dont cinq ont été inculpées pour "participation à un groupe terroriste". Trois ont été placées en détention préventive, deux remises en liberté sous conditions et les huit autres ne font pas l'objet de poursuites. En outre, deux Belges ont été interpellés dans les Alpes françaises alors qu'ils tentaient de fuir vers l'Italie. La Belgique a délivré un mandat d'arrêt européen à leur encontre.

La justice n'a pas révélé l'identité des deux hommes tués lors de l'assaut, mais selon des comptes jihadistes sur Twitter, il s'agirait de Radwan Haqawi et Tareq Jadoun. La presse belge affirme qu'il s'agit de deux jeunes de Verviers partis en Syrie et revenus dans leur ville à l'insu de leurs familles.

Des documents en lien avec des menaces contre des librairies bruxelloises

L'un des hommes inculpés, qui se trouvaient avec eux dans l'appartement au moment de l'assaut, identifié comme Marouane T. par la presse belge, "nie être allé en Syrie et être impliqué dans un projet d'attentat", a déclaré son avocat, Didier de Quévy. Il explique sa présence sur les lieux par sa participation à un trafic de drogue. L'avocat, cité par les journaux du groupe Sudpresse, a expliqué que des documents saisis à Verviers lient les jihadistes présumés aux menaces de représailles proférées mercredi contre des librairies bruxelloises si elles distribuaient le dernier numéro de Charlie Hebdo.

Les membres du réseau s'apprêtaient à passer à l'acte, "au maximum sous quelques jours", a assuré le parquet. Le trio était en possession notamment de "quatre fusils de type kalachnikov" ainsi que d'armes de poing, de munitions, d'uniformes de police, de téléphones portables, de matériel de communication, de documents falsifiés et de grosses sommes d'argent.

Arrestation d'un jeune Belge voulant rallier la Syrie

La cellule planifiait des "attaques dans toute la Belgique", a précisé le porte-parole du parquet fédéral, Eric Van der Sijpt. Plus de 3.000 jeunes Européens sont partis combattre sur le territoire syrien, selon les experts, dont environ 30% sont revenus en Europe. "L'opération a permis de "porter un coup important au terrorisme en Belgique", a déclaré Eric Van der Sijpt.

La Belgique, avec 184 ressortissants partis en Syrie, selon les autorités, est un important vivier pour les recruteurs de jihadistes européens. Vendredi, un Belge de 18 ans qui voulait se rendre en Syrie à l'aide de faux papiers été interpellé, a indiqué le maire de Vilvorde (centre), Hans Bonte, à la chaîne de télévision RTL.

Pas de lien avec les Attentats à Charlie Hebdo

Les autorités belges enquêtaient sur la cellule jihadiste démantelée depuis plusieurs semaines. "Il n'y a pas de liens entre les attentats à Paris et ceux programmés en Belgique" ni "entre les filières", a insisté le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, même si des échanges d'informations et une coopération opérationnelle, ont eu lieu entre polices belge et française.

Dans le pays, le niveau de menace terroriste, qualifié de "grave", a été relevé d'un cran, à trois sur une échelle de quatre. La Commission européenne a indiqué avoir aussi renforcé sa sécurité.

A Berlin enfin, une dizaine de perquisitions au sein de la "mouvance islamiste" ont été effectuées vendredi matin. Deux Turcs ont été arrêtés, membres présumés d'un groupe qui envisageait "un acte violent, grave en Syrie".

D. N. avec AFP et Annabelle Vilmont