BFMTV
États-Unis

Obama se dit prêt à traquer Daesh en Libye, si nécessaire

Le site pétrolier d'Al Sidra, en Libye, le 8 janvier, après une attaque menée par Daesh.

Le site pétrolier d'Al Sidra, en Libye, le 8 janvier, après une attaque menée par Daesh. - AFP

Alors que Daesh continue à progresser sur le sol libyen, où l'organisation pourrait établir un nouveau fief, l'administration Obama n'exclut pas d'intervenir militairement sur ce front, si l'évolution de la situation l'exige.

Bientôt un nouveau front contre Daesh? L'administration du président Obama envisage désormais l'ouverture d'un nouveau front contre le groupe jihadiste en Libye, pour empêcher ses membres de se tailler un nouveau fief dans le pays, en proie au chaos.

Le président américain a affirmé jeudi, lors d'un Conseil de sécurité nationale à la Maison Blanche, que les Etats-Unis étaient prêts à traquer Daesh au-delà de la Syrie et l'Irak, jusqu'en Libye si nécessaire, un pays dans lequel Washington dit suivre la situation très attentivement.

La Libye, un terrain fertile pour l'expansion de Daesh

Les puissances occidentales craignent en effet que le vide dans les institutions de ce pays ne procure un sol fertile pour les combattants de Daesh et le président américain a convoqué son Conseil de sécurité nationale pour évoquer ce dossier.

Au moment où il est sur la défensive en Irak et en Syrie, pilonnée depuis l'été 2014 par la coalition internationale, le groupe ultra-radical a réussi à prendre le contrôle de Syrte, à 450 km à l'est de Tripoli, et ses environs. Forts d'environ 3.000 combattants, selon les estimations occidentales, les jihadistes ont lancé début janvier une offensive dans la zone du "Croissant pétrolier", où sont situés les principaux terminaux d'or noir.

"Le président a insisté sur le fait que les Etats-Unis vont continuer à s'en prendre aux comploteurs terroristes de Daesh dans quelque pays que ce soit", a indiqué la Maison Blanche à l'issue de cette réunion. "Le président a demandé à son équipe de sécurité nationale de poursuivre ses efforts pour renforcer la gouvernance et soutenir les efforts contre le terrorisme en Libye et dans les autres pays où Daesh a cherché à établir sa présence", a ajouté l'exécutif américain.

"Il faut agir avant que le pays ne devienne un sanctuaire" pour les jihadistes, "avant qu'ils ne deviennent extrêmement difficiles à déloger", a fait valoir un responsable américain de la Défense, vendredi. "Nous ne voulons pas d'une situation comme en Irak ou en Syrie", où les jihadistes ont réussi à saisir des pans entiers de territoire, a-t-il ajouté.

Aucune décision pour le moment 

Plus tôt dans la journée, le secrétaire à la Défense Ashton Carter avait déjà dit que les Etats-Unis "surveillent très attentivement" la situation en Libye, où Daesh cherche à s'implanter. Mais Washington n'a pris aucune décision militaire pour l'heure.

Les Etats-Unis "développent des options pour ce qu'il est possible de faire dans le futur", mais "n'ont pris aucune décision d'intervenir militairement", a indiqué Ashton Carter lors d'une conférence de presse au Pentagone. "Nous cherchons d'abord à aider" les Libyens "à prendre le contrôle de leur propre pays", a-t-il déclaré, en saluant les effort entrepris pour la formation d'un gouvernement d'union nationale. "Mais nous n'avons pas pris la direction" des efforts internationaux pour aider les Libyens, l'Italie s'étant portée volontaire, a-t-il ajouté. Les Italiens "ont indiqué qu'ils prendraient cette direction", et "nous avons dit que nous les soutiendrons", a-t-il expliqué.

La Libye s'est enfoncée dans le chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. Un accord conclu sous l'égide de l'ONU, prévoyant la formation d'un gouvernement d'union nationale, vient d'être rejeté par le Parlement de Tobrouk internationalement reconnu. La situation a permis ces derniers mois à Daesh de s'établir et de prendre le contrôle de Syrte, à 450 km à l'est de Tripoli, et ses environs. Depuis Syrte, le groupe extrémiste armé a mené depuis le 4 janvier plusieurs attaques contre les ports et terminaux du "croissant pétrolier", particulièrement ceux de Ras Lanouf et Al-Sidra.

A.S. avec AFP