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Au Royaume-Uni, l'inflation alimentaire atteint un record, la précarité énergétique grimpe

Les prix alimentaires ont bondi de 17% ces quatre dernières semaines outre-Manche. Un quart des Britanniques dit traverser des difficultés financières désormais. Plus de 13% des ménages se disent également en situation de précarité énergétique.

Les prix de l'alimentation et des produits du quotidien achetés dans les supermarchés ont augmenté de plus de 17% sur les quatre dernières semaines au Royaume-Uni, un record, et la précarité énergétique y augmente. La flambée des prix alimentaire relayée par une étude de la société Kantar publiée ce mardi est bien supérieure à la hausse globale des prix dans le pays, qui dépasse actuellement 10%.

En pleine crise du coût de la vie, cette envolée du prix des denrées de base "a un gros impact sur la vie des gens", note Kantar. Un quart des Britanniques dit traverser des difficultés financières, contre un cinquième un an auparavant, selon cette étude. Pour les supermarchés, la bataille "pour offrir la meilleure valeur ajoutée aux consommateurs continue dans un secteur très concurrentiel où les distributeurs traditionnels tentent de protéger leurs parts de marché face aux enseignes à bas prix", poursuit Kantar.

"Chiffres très inquiétants"

Les marques de distributeurs sont mises en avant et "les acheteurs les privilégient" aux grandes marques depuis février l'an dernier, note Kantar. "Ces chiffres sont très inquiétants", commente l'association de consommateurs Which? dans un communiqué. De nombreuses études mettent en avant que des ménages sautent déjà des repas, réduisent leurs achats alimentaires, ou se rationnent pour tenter de rester à flots financièrement.

Which? note que "la confiance dans les supermarchés baisse, beaucoup de gens estimant qu'ils mettent la priorité sur les profits plutôt que sur leurs clients en difficultés pendant cette crise". Les distributeurs comme la plateforme en ligne Ocado se retrouvent "dans l'œil du cyclone", comme l'observe Sophie Lund-Yates, analyste de Hargreaves-Lansdown.

La société britannique a vu ses pertes doublées sur un an et ses ventes stagner malgré une augmentation du nombre de ses clients, ces derniers réduisant le montant de leurs commandes. Le titre a plongé mardi en Bourse après cette annonce.

13,4% des ménages britanniques en précarité énergétique

L'inflation à deux chiffres au Royaume-Uni est propulsée non seulement par les prix alimentaires, mais aussi par les factures énergétiques. Celles-ci devraient continuer à grimper en avril en raison d'une diminution des aides gouvernementales, et ce malgré une diminution décidée par le régulateur du maximum qui peut être facturé aux ménages. Des statistiques du ministère de l'Energie publiées ce mardi montrent que 13,4% des ménages britanniques, soit 3,26 millions, étaient dans une situation de précarité énergétique en 2022. C'est plus qu'un an auparavant (13,1%) et ce chiffre devrait continuer son ascension à 14,4% cette année selon le ministère.

Le mix énergétique britannique est particulièrement dépendant du gaz, dont les cours ont flambé dans la foulée de la guerre en Ukraine. Ils sont retombés depuis mais ce repli tarde à se traduire dans les coûts des entreprises et des particuliers, d'autant que les coûts des opérateurs augmentent au passage. Une pénurie de travailleurs, des grèves à répétition pour demander de meilleures rémunérations, des problèmes d'approvisionnement dans la foulée du Brexit et de la pandémie contribuent aussi au maintien d'une inflation élevée dans le pays.

Le Fonds monétaire international (FMI) s'attend à ce que le Royaume-Uni soit la seule grande économie à subir une récession en 2023, en enregistrant une performance plus mauvaise qu'en zone euro ou aux Etats-Unis, mais également qu'en Russie, pourtant frappée de nombreuses sanctions internationales en raison de son invasion de l'Ukraine.

P.L. avec AFP