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Transports

Allemagne: nouvelle vague de grève dans les transports ferroviaires et aériens

Après une année 2023 marquée par de nombreux débrayages, les Allemands font face à une nouvelle vague de grève dans les transports. En cause, des négociations qui peinent à aboutir tant sur les hausses de salaires que les conditions de travail.

Les usagers des transports allemands doivent prendre leur mal en patience. Ce jeudi 7 mars, une nouvelle grève va perturber le trafic à la fois sur le rail et dans les airs, illustrant la dégradation du climat social dans la première économie européenne.

L'Allemagne est confrontée depuis un an à une multiplication des conflits sociaux dans différentes branches professionnelles, des supermarchés aux services, où les négociations sur les salaires et les conditions de travail se durcissent après une longue période d'envolée des prix.

Ces tensions, qui bousculent un pays longtemps réputé pour la qualité de son dialogue social et la recherche du consensus entre patronat et syndicats, se cristallisent dans le secteur des transports.

La cinquième grève depuis novembre

Pour la cinquième fois depuis novembre 2023, les conducteurs de trains de la compagnie publique Deutsche Bahn sont appelés à la grève depuis les premières heures de la matinée jeudi jusqu'à vendredi à la mi-journée.

Dans le secteur aérien, le débrayage du personnel au sol du premier groupe européen de transport aérien Lufthansa, prévu jusqu'à samedi matin dans les principaux aéroports allemands, s'annonce très suivi.

Le plus grand aéroport du pays, à Francfort-sur-le-Main (ouest), a prévenu que les départs seraient totalement paralysés car à la grève chez Lufthansa s'ajoute un arrêt de travail des agents de sécurité de la plateforme pour la journée de jeudi.

Augmentations de salaires et conditions de travail

Les revendications des syndicats portent autant sur des augmentations de salaires que sur les conditions de travail.

Deutsche Bahn affirme avoir fait des concessions allant jusqu'à 13% de salaire supplémentaire, ainsi que la possibilité de réduire la semaine de travail d'une heure à partir de 2026.

Vers des grèves perlées jusqu'aux JO ? - 16/02
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Le syndicat des conducteurs de trains, GDL, revendique le passage à une durée hebdomadaire de travail de 35 heures sans perte de salaire, contre 38 heures actuellement.

Le syndicat menace de durcir le mouvement

Le syndicat menace de durcir encore le mouvement, qui s'était traduit par une paralysie des transports ferroviaires pendant cinq jours d'affilée en janvier, en organisant des grèves sans le préavis habituel de 48 heures.

Chez Lufthansa, le syndicat Verdi demande des augmentations de salaire de 12,5%, soit un minimum de 500 euros de plus par mois, et juge que le groupe "ne bougera pas tant que la pression n'aura pas augmenté".

Le premier transporteur européen, qui publiera jeudi ses résultats financiers annuels, devrait faire état d'un bénéfice en nette hausse pour 2023, particulièrement scruté par les représentants des salariés.

Après le personnel au sol, dont ce sera jeudi le quatrième débrayage en quelques mois, les agents de cabine de Lufthansa devraient également se mettre en grève prochainement, après l'échec, acté mercredi, d'une nouvelle séance de négociations sur les salaires et les conditions de travail.

NLC avec AFP