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Emploi

L'emploi salarié enregistre 453.800 destructions nettes au premier trimestre

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- - Pascal Guyot -AFP

L'emploi salarié privé baisse de 2,3% au premier trimestre en France, selon les premières estimations de l'Insee. Sur un an, le recul est de 1,4%, avec une chute dans les services marchands et un plongeon dans l'intérim.

Sous l'effet du coronavirus, le premier trimestre 2020 a vu la destruction de 453.800 emplois dans le secteur privé, soit une baisse de 2,3% par rapport au trimestre précédent, provoquée notamment par un effondrement de l'intérim, selon une estimation provisoire de l'Insee.

Sur un an, le recul est de 1,4% (-274.900 emplois), avec une chute dans les services marchands et un plongeon dans l'intérim. Au total, l'emploi privé est à son "plus bas niveau depuis le troisième trimestre 2017", selon l'Insee.

L'intérim a son plus bas niveau depuis 2009

Dans les services marchands, qui sont la locomotive de l'emploi en France, l'emploi salarié privé chute: -3,5 % sur le trimestre (-437.900). Dans ce secteur, cette baisse "annule les hausses observées depuis trois trimestres", secteur qui "retrouve ainsi son niveau de l'année précédente".

Dans l'intérim, sur les 15 premiers jours de confinement, la chute est "inédite" selon l'Insee (-37%, -291.800 emplois). Sur un an, la baisse est de 37,5% (-298.400 emplois): il retrouve son plus bas niveau depuis mi-2009.

Et cette baisse est "la plus importante" depuis le calcul de cette statistique début 1990. Selon l'Insee, "au plus fort de la crise économique de 2008-2009", l'emploi intérimaire avait baissé de 13,9% au quatrième trimestre 2008 puis de 13% au premier trimestre 2009. Hors intérim, l'emploi salarié privé baisse de 0,9%, soit -162.000 emplois.

Dans l'industrie, qui s'était stabilisée en 2019, l'emploi baisse à nouveau, à -0,3 % (soit -10.000 emplois). Sur un an, la baisse est de 0,2% (-7.500 emplois).

L'Insee relève que dans le secteur marchand non-agricole, l'emploi salarié privé chute de 2,6%, ce qui représente la "plus forte baisse" depuis fin 1970 et le calcul de cette statistique.

"En particulier, elle est nettement plus marquée que les creux observés au quatrième trimestre 2008 (-0,8%) et au premier trimestre 2009 (-0,9%)", analyse l'Institut national de la statistique et des études économiques.

Dans sa publication, l'Insee précise bien que sont considérées en emploi les personnes en chômage partiel. A fin mars, elles étaient 3,6 millions. Elles sont plus de 12 millions actuellement.

Fin mars, la France comptait 19,3 millions de salariés dans le privé. 

C.C. avec AFP